mardi 7 janvier 2014

De la tolérance

L’Islam met l’accent sur l’établissement de l’égalité et de la justice, ce qui est impossible sans un certain degré de tolérance. L’Islam reconnaît depuis toujours le principe de liberté de conviction ou de liberté religieuse. Il a stipulé très clairement qu’aucune coercition n’est permise en matière de foi et de conviction. Le Coran enseigne à cet effet : « Nulle contrainte en religion ! » Le soufi Ibn ARABI, le Cheikh el Akbar (XIIIè S.) dans ses Fûtûhat Makkîya (les illuminations de la Mecque) évoque ses souvenirs d'enfance: « Je vécus de la sorte jusqu'à ce que le Miséricordieux tourne vers moi Sa providence et m'envoie dans mon sommeil Muhammad, Jésus et Moise, sur eux la grâce et la paix! Jésus m'exhorta l'ascèse et aux dépouillement. Moïse me donna le "disque du soleil" et me prédit l'obtention de la science transcendantale (Al ilmu al-ladunnî) parmi les sciences du l' "Unicité" (tawhid). Muhammad, Lui, m'ordonna: cramponne toi à moi et tu sera sauf ». Ainsi le mot tolérance tout en évoluant se charge d'événements en fonction de l'histoire des peuples d'Europe et en particulier celui de la France où au XVIe siècle le mot tolérance n'existe pas encore dans la langue française. C'est au XVIIe siècle et au moment des lumières qu'apparaîtra ce mot par antithèse du mot intolérance. Tout cela ayant germé depuis la naissance du culte protestant. La question de la tolérance fait aujourd'hui l'objet d'une attention nouvelle marquée par de nombreux courant de pensée. La tolérance a en fait un chapelet de sens (tolérance scientifique, mathématique, médical et j'en passe). Chaque théorisation dépend de ses époques, de ses religions, des actes civils de la société. Le traité de Voltaire (1763) écrivain du XVIIIe siècle sur la tolérance où la relation de Dieu et le savoir se change en relation entre l'homme et Dieu car l'homme est à l'origine du savoir, s'attaque à l'inquisition en attaquant l’intolérance (Affaire Calas). Il en conclut que l'intolérance est absurde puisque que l'on utilise la force pour empêcher les hérésies. La tolérance naturelle serait d'accepter les différents dogmes comme le différents patois. Mais depuis le terme très galvaudé aurait-il perdu son sens? L'UNESCO en bonne "conscience du monde" s'il en est, en ce 16 novembre 1995 date de son cinquantenaire adopte une déclaration de principe sur la tolérance : « Ils y affirment notamment que la tolérance n'est ni complaisance ni indifférence. C'est le respect et l'appréciation de la richesse et de la diversité des cultures de notre monde, de nos modes d'expression et de nos manières d'exprimer notre qualité d'êtres humains. La tolérance est la reconnaissance des droits universels de la personne humaine et des libertés fondamentales d'autrui. Les peuples se caractérisent naturellement par leur diversité ; seule la tolérance peut assurer la survie de communautés mixtes dans chaque région du globe ». La tolérance devient la clé ultime du bien vivre ensemble aujourd'hui, quête universelle sur une vertu personnelle qui apparaît de plus en plus comme une nécessité politique et juridique pour la coexistence pacifique. Une vingtaine d’années après cette déclaration de principe les derniers événements : le massacre d'être humains au moyen orient et ailleurs, l’incendie de nos mausolées, la profanation des cimetières sans distinctions de culte montre que beaucoup de chemin reste à faire... A nous de prendre nos bâtons de pèlerin, de nous indigner et d’agir maintenant que notre Tunisie devient le réservoir du djihad en Afrique !

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