Ombres secretes
dimanche 11 septembre 2016
LIBERTE DE CONSCIENCE EN TUNISIE
Liberté de conscience
La constitution tunisienne est l’une des premières dans le monde arabe si ce n’est la première à reconnaitre les libertés de consciences et de croyances, le principe fondamental de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Les tunisiens peuvent donc jouir de cette liberté loin des préjugés et des persécutions.
Dans son chapitre 1 : disposition générale, l’article 6 de la Constitution de la République Tunisienne dit:
“L’Etat est gardien de la religion. Il garantit la liberté de croyance, de conscience et le libre exercice du culte; il est le garant de la neutralité des mosquées et lieux de culte par rapport à toute instrumentalisation partisane.
L’Etat s’engage à diffuser les valeurs de modération et de tolérance, à protéger les sacrés et à interdire les campagnes d’accusation d’apostasie et l’incitation à la haine et à la violence. Il s’engage également à s’y opposer.”
De houleux et vifs débats ont marqué l’Assemblé Constituante. C’est un des articles qui a fait le plus couler d’encre à cause de la place de la religion et aux libertés de conscience et croyance !
Durant les débats sur l’article 6, des voix se sont élevés, particulièrement contre l’inscription de la liberté de conscience…, cela est sans compté sur la vigilance de la société civile et la Ligue Tunisienne des droits de l’Homme et bien sûr de l’opposition démocrate
Rappelons par ailleurs que la constituante était formé par une majorité d’islamiste d’Ennahdha. En effet, il a été vivement débattu, certain estimaient que la liberté de conscience permettrait “aux satanistes et aux idolâtres d’organiser des manifestations publiques…pour propager leurs croyances”
Pourtant en ce jour du 4 janvier 2014 la Tunisie adopte la liberté de conscience par 149 voix, contre 23 objections et 13 abstentions sachant que l’Assemblé constituante est composée de 217 membres élus le 23 octobre 2011!
Il faut également rappelé le contexte de l’époque : deux assassinats politiques attribués à la mouvance islamiste et de nombreux cas de violences basés sur les discours religieux incitant à la haine et à la violence. Le “takfir” (accusation d’apostasie) pourrait ne pas entrer dans ces notions mais il y a une signification particulière qui peut facilement être transposé juridiquement!
Cela étant il est important de lire l’article 1 et l’article 2 du même chapitre 1 de la constitution.
L’article stipule :
“La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain, l’Islam est sa religion, l’arabe est sa langue et la République son régime”
Cet article a été repris mot à mot de la première constitution de la République tunisienne de 1959 par Bourguiba et il n’est pas permis de l’amender. En énonçant que “l’Islam est sa religion” laisse entendre que cet Islam est identitaire mais ne laisse pas la place à la Charria qui est complément rejetée! L’Islam ne sera pas source de droit
Quant à l’article 2 , il stipule:
“La Tunisie est un Etat à caractère civile, basé sur la citoyenneté, la volonté du peuple et la primauté du droit”
Là encore cet article ne peut être amendé.
Ces deux articles non amendables dépeignent l’esprit du tunisien actuelle né dans le terreau de la Grande Mosquée La Zitouna où l’on enseignait un Islam tolérant depuis toujours. Il est aussi important de souligner ce qu’a été l’Ecole de Kairouan en ce sens des siècles au paravent !
Ces deux premiers articles, non amendables, définissent la Tunisie comme une République guidée par la “primauté du droit”, un Etat “libre, indépendant, souverain” et “civil” dont la religion est l’Islam et le Coran et la Sunna (ensemble des paroles du prophète; de ses actions et de ses jugements) ont été rejetés.
En revanche, conformément à un compromis entre le parti islamiste Ennahda (majoritaire) et l’opposition, la Constitution fera de l’Islam la religion du pays.
Cela répond bien si je puis dire à la révolution Tunisienne qui a été une révolution civil, où le religieux n’a jamais été évoqué ni scandé, si ce n’est pour la tolérance : des pancartes brandies par des manifestants montrant l’association de symboles des différents dogmes : le Croissant, la Croix et l’Etoile de David.
Yadh Ben Achour (spécialiste des théories politiques et de droit public) dira :
“ ce caractère civil, doit être compris dans le sens moderne du terme, selon l’esprit de la Révolution qui suppose la séparation de la religion de la politique et de la législation et non selon sa définition traditionnelle d’après laquelle l’islam constitue en lui même un Etat civil. Il n’est pas permis de confondre les deux définitions ni de jouer sur les mots! le terme ETAT CIVIL veut dire un état non religieux, sans plus” (fin de citation).
Tout cela ne s’est pas fait sans heurts politiques créant une crise sans précédent. La pression du parti islamiste Ennahda est à son paroxysme, son gouvernement est critiqué pour son laxisme envers les islamistes radicaux, s’ensuivent des attentats dont le plus médiatisés est celui de Chokri Belaïd le 6 mars 2013! Les tensions s’accroissent entre le parti au pouvoir majoritairement islamiste et l’opposition allant jusqu'à interrompre les travaux de la constituante !!!
Vu la situation très critique, l’UGTT, (union générale tunisienne du travail) syndicat historique appelle à une dialogue national entre les parties. Ainsi fût crée le Quartet UGTT, UTICA (Union tunisienne de l’industrie du commerce et de l’artisanat), le Conseil de l’Ordre des Avocats et la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme.
Un quartet est née se donnant comme but l’organisation des négociations entre les parties politiques tunisiens pour assurer la transition du régime de l’assemblé constituante de 2011 vers un régime démocratique permanent. Ce Quartet a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 2015 pour son succès dans la mission qui a aboutit à l’organisation des élections
présidentielles et législatives ainsi qu’à la ratification de la nouvelle constitution en 2014.
Je rappelle ce point de l’histoire post révolution pour souligner l’importance de l’esprit civil des citoyens tunisiens! Le poids de la société civile reste très important.
Un des piliers important de cette constitution est l’affirmation d’un Etat Civil, le deuxième , la Liberté de Conscience et le troisième concerne la Liberté des femmes, elles sont l’égale de l’homme.
Je voudrais souligner que la peine de mort n’a pas était aboli malgré l’abolitionniste, le dernier exécution date de 1991
Qu’en est il aujourd’hui ?
Rapport sur la religion et le Liberté de conscience
Un rapport sur “La religion et la liberté de conscience en Tunisie” montre que 70% des personnes interrogées se considèrent pieux” 19,5% se disent “très peu attachés à la religion”, 7,2% “irréligieux” et 2,4% “très pieux”.
Concernant leur représentation de la religion, le rapport montre que 34% des sondés pensent qu’elle constitue un style de vie”. 2,4% une “appartenance culturelle” et 17,7% “une question personnelle”.
Pour 5% de l’échantillon, la religion ne signifie rien, alors que 2% jugent qu’elle constitue un obstacle au progrès.
A propos du salafisme jihadisme, 5,52% de l’échantillon estiment que ce mouvement est acceptable”; 0,7% dont la majorité est âgée entre 18 et 35 ans le trouve très acceptable”.
L’étude révèle aussi que 47,14% des personnes interrogées refusent ce mouvement de manière catégorique.
L’étude a été initiée en partenariat entre le Forum des sciences sociales appliquées, l’Institut arabe des droits de l’Homme et l’Observatoire arabe de la jeunesse et avec le soutien du Fonds Arabe des Droits de l’Homme
L’enquête a été réalisé auprès de 1200 personnes réparties sur le territoire tunisien. L’objectif visée était de mesurer jusqu’à quel degré les Tunisiens sont acquis à l’idée de Liberté de conscience. Plus généralement, l’enquête a tenté de définir les attitudes de nos compatriotes envers les différences de croyance et les autres communautés religieuses et leur perception de la relation entre religion et tenue vestimentaire, outre leur rapport aux rituels religieux.
De prime abord, les principaux résultats de l’enquête, révèlent que les tunisiens musulmans majorité écrasante de la population, vivent leur religion et leurs rapports à la religion de manière contradictoire. En effet, l’étude démontre qu’ils sont tiraillés entre ouverture et conservatisme, cherchant des compromis et des semi-solutions, ce qui fait ressortir mainte paradoxes.
Seulement 39% des tunisiens optent pour le respect des croyances des autres et 28% pour le principe de la liberté de croyance. Des chiffres qui font apparaitre l’étendu de l’intolérance dans notre société. D’après le rapport, ce choix et cette réserve se confirment dans l’attitude du tunisien l’égard de l’appartenance au chiisme, aussi bien qu’à la conversion au christianisme. Ainsi, 54% des personnes interrogées voient d’un mauvais œil l’appartenance d’un tunisien au chiisme, pour le reste, cela relève, pour eux d’une liberté personnelle…
Par ailleurs, ce refus se transforme en forte opposition quand un tunisien sunnite se convertit au chiisme! La raison? Cette conversion est perçu comme une menace pour l’identité communautaire majoritaire des tunisiens.
On a pu recueillir un bref témoignage d’un jeune tunisien chiite qui a préféré garder l’anonymat: “ La majorité des tunisiens n’accepte pas la différence. Quand j’ose dire à mon entourage et à mes connaissances que je suis chiite, je perçois de l’étonnement et de l’animosité. C’est comme si je constituais une quelconque menace, rien que par mes convictions religieuses. Les gens ne comprennent pas et pensent que j’appartiens à une secte hérétique”
D’autre part 91% des tunisiens sont pour la liberté de prêcher l’islam en terre
non-musulmane , alors que paradoxalement, ils refusent, dans une proportion égale, l’activité missionnaire chrétienne en Tunisie. A savoir que la conversion d’un tunisien musulman au christianisme est refusée à 93%. Le principe de liberté de conscience n’est pas prêt d’être accepté par la majorité…
Les tunisiens sont ils religieux ou irréligieux ?
On apprend que 73% des personnes interrogées se considèrent comme très religieux, 19,6% se considèrent comme peut religieux et 7% comme religieux, sachant que 58,8% des personnes se disant très religieux font leurs prières quotidiennes. En outre les ¾
des tunisiens pensent que l’Islam n’impose pas de tenue particulière aux hommes, alors que concernant les femmes 83% ont répondu par la positive. Toutefois, 49% d’entre eux estiment que le port du voile est obligatoire, contre 45,2% qui pensent que l’Islam n’exige de la femme qu’un habit décent.
En ce qui se rapporte au mariage mixte, alors que la Charia n’a rein contre le mariage d’un musulman de sexe masculin avec une non-musulmane, environ 40% des tunisiens s’y opposent ou ne l’accepte que dans des situations exceptionnelles. Par contre, l’enquête révèle que 37% des interrogés acceptent le mariage d’une musulmane avec un non-musulman (interdit par la Charia) ou y voient un domaine réservé à la liberté personnelle.
Pour ce qui est de l’égalité successorale, elle est refusée par 66% des tunisiens, quoique mieux accueilli par les femmes. L’égalité homme-femme dans l’héritage reste de domaine de l’intouchable…
(Source Ikhlas Latif, Besness News)
La pratique de ce droit fondamentale qu’est la liberté de conscience est loin d’être acceptée et acceptable en Tunisie, malgré les slogans de tolérance et d’ouverture véhiculés par les générations de politiques qui se sont succédés en Tunisie. Au vu de ses résultats préliminaires, se révèlent une coquille vide et il reste un long chemin à faire pour que les mentalités changent. Il faudra les bousculer !
NB : Nous apprenons que Ennahda lors de son congrès du 20 et 22 mai 2016 “sort de l’Islam politique” est-ce un signe ? Il se voit comme étant une démocratie musulmane.
mardi 15 avril 2014
«La démocratie est-elle une valeur universellement exportable?»
La question suppose que la démocratie est universelle.
Exportable suppose qu’elle est détenue par certain et qu’il s veulent la “vendre“ à d’autre.
Cela veut dire que ceux qui la détiennent en tant que valeur sont plus émancipés que ceux qui voudraient la recevoir.
Autrement dit les importateurs sont incapables de détenir la démocratie ; mais alors il s’agit de quelle démocratie?
Les démocraties sont multiples :
1-La démocratie athénienne ( Vé S. Av J-C)
2-La démocratie chrétienne (conforme à l’Evangile)
3-La démocratie confessionnelle (fondée sur le multiple confessionnel : le Liban)
4-La démocratie directe (ce sont les citoyens qui exercent directement le pouvoir)
5-La démocratie économique et sociale : celle des syndicats (après la 2eme guerre mondiale)
6-La démocratie impolitique ou démocratie civile qui évince le “politique“ pour mauvaise gestion
7-La démocratie juridique (celle de l’Europe actuelle qui du niveau national passe à supra nationale)
8-La démocratie laïque (séparation du politique et du religieux, France)
9-La démocratie libérale (combinaison des idées démocratiques et libérales, comme celles des pays de l’occident par opposition aux “démocratie populaires“ bloc de l’Est pendant la guerre froide)
10-La démocratie participative (c’est une nouvelle forme de partage d’exercice du pouvoir fondée sur la participation des citoyens à la prise de decision politique .
11-La démocratie populaire, démocratie prolétarienne, apparue a pers la 2 éme guerre mondiale en Europe centrale et orientale pour ses distinguer des démocraties libérales, dites “République bourgeoises“
12-La démocratie représentative (c’est un régime dans lequel on reconnait à un organisme le droit de représenter une nation ou une communauté
13-La démocratie sociale , Etat providence
14- Contre démocratie : elle est la démocratie permanente de la défiance face à la démocratie épisodique de la légitimé électorale.
Nous voyons à travers cette énumération la difficulté du choix.
La démocratie ne peut exister que par l’émanation de son peuple, un besoin exprimé par celui-ci. Il est souvent le résultat d’une révolte voir d’une révolution d’un peuple soumis qui à un moment ou un autre n’accepte plus la soumission d’un chef, d’un monarque, d’un dirigent... La démocratie n’est elle pas entre autre la protection contre la soumission?
Si nous nous remettons à l’antiquité, au Vé S. Av. J-C, les athéniens, réputés être les ancêtres de la démocratie moderne se sont trouvés confrontés à une grave crise politique : la société diminuée se révolte...
Des réformes sont amorcées ainsi au Vé S. Av. J-C; une ouverture nouvelle débouchant sur un nouveau système politique, celui de donner le pouvoir au peuple!
La démocratie embryonnaire athénienne donnera naissance à plusieurs démocratie dans le monde dans ces 2500 ans d’histoire, se basant sur le seul et unique principe : “le pouvoir au peuple“ !
Ce petit survol de l’histoire de la démocratie, s’il en est, nous dit la difficulté d’instaurer une démocratie.
En tant que valeur, la démocratie est exportable mais faut il que les destinataires en soient demandeurs?
Allons droit au but ! Qui sont ces pays demandeurs? Ce sont les pays en voie de développement.
Le problème majeur rencontré par ces pays réside dans la difficulté voir l’impossibilité d’envisager la liberté des citoyens dans une culture où le chef, roi ou président dictateur ne lâche pas le pouvoir.
Il est aussi ardu d’exporter les valeurs démocratiques vers des régions où le système du pays est théocratique ou dictatorial. La Tunisie comme d’autres pays anciennement colonisés en fond l’âpre expérience...
L’ancien colonisateur ne fera jamais l’effort de comprendre l’intérêt du développement de ses anciennes colonies, bien au contraire il entretient des voies politiques dictatoriales (France /Afrique), en conséquence de quoi le pays occidentaux resteront en danger laissant les “démocraties de façade“ agirent sur les peuples opprimés.
“Le printemps arabe“ a vu en ces trois dernières années une révolution qui montra du doigt l’ancien colonisateur avec effectivement des manifestations devant les ambassades en question tout en faisant l’amalgame avec les pays occidentaux.
Aujourd’hui le France de F. Hollande tante d’enterrer cette “France/Afrique“.
Nous constatons, et je resterai sur les révolutions des pays du printemps arabe, que le premier des actes politiques, bien démocratique, est celui des urnes, acte de naissance de la première valeur démocratique et pas des moindres..., mais le chemin est long et l’apprentissage ardu; le processus d’évolution ne se fera pas sans différents partis politiques et l’abolition du parti unique; nouvelles forme du pouvoir!
La société civile est propulsée vers l’avant de la scène, comment peut il en être autrement?
Nous restons sous l’influence des pays occidentaux, se composant d’une population prospère, d’une riche culture politique avec les libertés individuelles. Ceux sont des pays très avancés sur le plan technique, scientifique et économique. Prospères, ils sont donc un exemple, une référence pour les pays en voies de développement!
Au lendemain de l’éclatement des pays de l’Est et le rattachement de certains de ces pays à l’Union Européenne donnent un ordre nouveau où les valeurs démocratiques sont dans dans la lumière et sont désormais une référence dans le monde.
La démocratie est une valeur universelle exportable à condition que les pays demandeurs soient imprégnée de la notion de démocratie et des libertés.
mercredi 8 janvier 2014
“Main mise des uns et des autres sur la Tunisie !"
A voir la Turquie d’une part et le Qatar d’autre part faire "main mise" sur la Tunisie m’a fait penser à cette réflexion : “de l’Unité du Maghreb“
Le Maghreb ou son unité, a avorté de par deux fois dans son histoire. Aujourd’hui, il peine encore à grandir…
Ses autochtones étaient un même peuple ; Berbère et fier de l’être.
C’est sous Massinissa au II é S. avant Jésus Christ et sous la dynastie Sanhadja, au XI é S. de notre ère que les Berbères furent sur le point de réaliser l’unité de l’Afrique du nord . Ils en furent empêcher pour les uns par l’impérialisme de Rome et plus tard par l’invasion des arabes hilaliens. Treize siècles séparent ces deux tentatives.
Aujourd’hui l’UMA semble encore endormi dans son berceau.
C’est en 1927 au Caire qu’une commission fut fondée dans le cadre de la lutte contre l’occupation. En 1945 ce fut le tour d’une conférence des mouvements nationaux de l’Afrique du nord de faire parler d’elle. Ce n’est que bien plus tard en 1958 et à Tanger que se tint alors une réunion des chefs de mouvements nationaux de Tunisie, d’Algérie et du Maroc pour la création de cette union. Le 17 février 1989 naissait enfin à Marrakech l’UMA , comprenant : La Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Lybie.
Ces cinq États membres comprennent donc quatre république et un royaume.
L’appellation de l’Union du Maghreb Arabe fait en février 2012 polémique ; les berbères contestent cette appellation et lui préfèrent, et à mon sens avec raison, le “MAGHREBE”. Proposé par le Maroc, soutenu par la Mauritanie, elle est rejeté par l’Algérie, la Tunisie et la Lybie.
La mouvance islamiste djihadistes, soutenues par les urnes ayant mis à la tête des états tunisien, marocain et libyen une politique islamiste, voit en filigrane le vœux d’un califat, cela est possible pour certain mais l’extrémisme ne mène à rien ; nous le voyons d’ailleurs à nos dépens. Nous sommes victimes des pays occidentaux faisant de nous le marché des trafiquants d’armes en échange de quoi ils “pillent“ nos ressources au sus et au vu du monde. Une autre forme de main mise aussi !
Il me semble que nous nous devons rassembler nos forces (plus de 80.000.000 d’habitants) qui de part notre complémentarité ferait face à l’Europe pour une collaboration politique et économique dont les maghrébins seraient les premiers bénéficiaires, le Processus de Barcelone de 1995 viendrait renforcer l’Euromed. Malheureusement ce n’est pas le cas. Cela est dû entre autre au problème du Sahara Occidental entre l’Algérie et le Maroc et si je puis dire complètement freiné par la révolution dite du jasmin, qui aujourd’hui fait dicter à l’Europe une priorité : celle d’accompagner nos pays sur le chemin de la démocratie. Comment alors allier le chômage, la faim, etc. et la démocratie : vaste débat !?
Charles –André Julien écrivait déjà (in “Histoire de l’Afrique du Nord“, Payot 1951, p : 28) concernant les berbères et leur union :
« une civilisation autonome, un art, une littérature une langue même, un peuple conscient de son existence, un État organisé, tout cela ce sont des luxes très coûteux à base de capitalisme. Le Maghreb laissé à lui-même n’a jamais pu se les offrir. Ce pays de sel n’a jamais eu l’armature d’argent qui est nécessaire pour supporter un grand édifice social et politique, base indispensable de toute civilisation. »
Nous voilà au début du XXIe S., la malédiction suit elle son cours…?
Avec ses richesses l’UMA a “l’armature nécessaire“, nous avons la même langue, la même religion, partageons la francophonie, nous sommes “conscient de notre existence“ et tout nous rassemble mais le Politique nous divise.
Il est temps de penser à demain, au MAGHREB pour créer des ponts gagnant/gagnant de par delà la Mare Nostra dont la Tunisie est géographiquement le centre.
mardi 7 janvier 2014
De la tolérance
L’Islam met l’accent sur l’établissement de l’égalité et de la justice, ce qui est impossible sans un certain degré de tolérance. L’Islam reconnaît depuis toujours le principe de liberté de conviction ou de liberté religieuse. Il a stipulé très clairement qu’aucune coercition n’est permise en matière de foi et de conviction. Le Coran enseigne à cet effet :
« Nulle contrainte en religion ! »
Le soufi Ibn ARABI, le Cheikh el Akbar (XIIIè S.) dans ses Fûtûhat Makkîya (les illuminations de la Mecque) évoque ses souvenirs d'enfance:
« Je vécus de la sorte jusqu'à ce que le Miséricordieux tourne vers moi Sa providence et m'envoie dans mon sommeil Muhammad, Jésus et Moise, sur eux la grâce et la paix! Jésus m'exhorta l'ascèse et aux dépouillement. Moïse me donna le "disque du soleil" et me prédit l'obtention de la science transcendantale
(Al ilmu al-ladunnî) parmi les sciences du l' "Unicité" (tawhid). Muhammad, Lui, m'ordonna: cramponne toi à moi et tu sera sauf ».
Ainsi le mot tolérance tout en évoluant se charge d'événements en fonction de l'histoire des peuples d'Europe et en particulier celui de la France où au XVIe siècle le mot tolérance n'existe pas encore dans la langue française. C'est au XVIIe siècle et au moment des lumières qu'apparaîtra ce mot par antithèse du mot intolérance. Tout cela ayant germé depuis la naissance du culte protestant.
La question de la tolérance fait aujourd'hui l'objet d'une attention nouvelle marquée par de nombreux courant de pensée.
La tolérance a en fait un chapelet de sens (tolérance scientifique, mathématique, médical et j'en passe). Chaque théorisation dépend de ses époques, de ses religions, des actes civils de la société.
Le traité de Voltaire (1763) écrivain du XVIIIe siècle sur la tolérance où la relation de Dieu et le savoir se change en relation entre l'homme et Dieu car l'homme est à l'origine du savoir, s'attaque à l'inquisition en attaquant l’intolérance (Affaire Calas). Il en conclut que l'intolérance est absurde puisque que l'on utilise la force pour empêcher les hérésies. La tolérance naturelle serait d'accepter les différents dogmes comme le différents patois.
Mais depuis le terme très galvaudé aurait-il perdu son sens?
L'UNESCO en bonne "conscience du monde" s'il en est, en ce 16 novembre 1995 date de son cinquantenaire adopte une déclaration de principe sur la tolérance :
« Ils y affirment notamment que la tolérance n'est ni complaisance ni indifférence. C'est le respect et l'appréciation de la richesse et de la diversité des cultures de notre monde, de nos modes d'expression et de nos manières d'exprimer notre qualité d'êtres humains. La tolérance est la reconnaissance des droits universels de la personne humaine et des libertés fondamentales d'autrui. Les peuples se caractérisent naturellement par leur diversité ; seule la tolérance peut assurer la survie de communautés mixtes dans chaque région du globe ».
La tolérance devient la clé ultime du bien vivre ensemble aujourd'hui, quête universelle sur une vertu personnelle qui apparaît de plus en plus comme une nécessité politique et juridique pour la coexistence pacifique. Une vingtaine d’années après cette déclaration de principe les derniers événements : le massacre d'être humains au moyen orient et ailleurs, l’incendie de nos mausolées, la profanation des cimetières sans distinctions de culte montre que beaucoup de chemin reste à faire...
A nous de prendre nos bâtons de pèlerin, de nous indigner et d’agir maintenant que notre Tunisie devient le réservoir du djihad en Afrique !
mardi 12 novembre 2013
Pourquoi en sommes nous là
Pourquoi tant de haine, tant de combats, tant de Jihad entre musulman? L'islam n'est il pas paix et tolérance.
Nous avons lutté contre les impérialismes pour nos libertés et voila que des guerres fratricides pires que celles contre le colonialisme nous divisent dans un même pays, faisant de nous des croyants d'un coté et de l'autre des mécréants. "Oumma" dites vous?
Comment alors expliquer tant de morts en Algerie, en Afghanistan, en Irak, en Egypte, en Tunisie, au Pakistan..., comment expliquer cette autre sanglante guerre en Syrie, comment et suite à la confiance de la Tunisie à la Nahdha (vote moral) nous nous retrouvons dans un scénario diabolique comme nos frères algériens , avec ses assassinats, son déploiement de terroristes, ses djihadistes...?
Des fusillades urbaines, ponctuent nos jours !
La colère et la peur nous habitent !
La religion est elle encore l'issus politique pour une gouvernance?
Je ne le crois pas! Nous en avons les preuves si je puis m'exprimer ainsi.
Les démocraties musulmanes ? (aucune réponse)! La démocratie chrétienne, ailleurs, a été vaine.
Je crois plus à la séparation du religieux et du politique: la laïcité, seule politique qui permet le respect et la défense de l'autre. Il nous faudrait une politique laïc teintée d'une morale musulmane. Cela impliquerai le respect de l'autre quelque soit sa confession, sa race, son milieu social. Je ne parle pas de tolérance, un mot galvaudé, j'avoue ne pas l'aimer (c'est un oui, mais...).
Comment est il possible de faire une Fatwa pour envoyer des musulmanes tunisiennes entre autre au Jihad du nikah?
Comment est il possible d’envoyer nos jeunes lutter contre des moulins à vent et mourir?
Cela vide la Tunisie de toutes ses énergies et de la négation de l’esprit de la nation. Nous avons besoin d’unité national pour lutter contre la pauvreté et l’ignorance.
Nous sommes dans une situation catastrophique due à la méconnaissance politique du terrain, à l’ignorance des dossiers économiques, à l’incapacité de répondre aux chômage des jeunes diplômés...
Mais qui sont nos politiques?
Ce sont des femmes et des hommes isolés qu’aucun parti politique n’a su rassemblé pour un même objectif. Depuis la révolution nous avons vu naître une pléthore de partis, qui se sont effilochés au cours de ces deux dernières années entre dissidence et abandon. Aucun leader n’a immergé !
Le seul qui aurait pu l’être à gauche, fut lâchement assassiné. A droite, les conservateurs, religieux, gouvernant, infiltre l’Etat et l’administration à des fins électorales oubliant les raisons de leurs élections mettant ainsi le pays en péril !
On constate des politiques revanchards ou opportunistes oubliant la noblesse et l’urgence qui est de sortir la Tunisie du chaos laissé par Ben Ali. Parfois il semble que le système rcdéiste a changé tout simplement de locataire.
Dans l’état des choses le peuple descend dans la rue et on cherche des solutions.
La plus frappante : aller chercher les croulants dans le musée de l'histoire, ils ont été, mais ne seront pas. C’est aux jeunes de trouver les solutions, qu’ils soient politiques ou technocrates.
Pourquoi en sommes nous là ?
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