mercredi 8 janvier 2014

“Main mise des uns et des autres sur la Tunisie !"

A voir la Turquie d’une part et le Qatar d’autre part faire "main mise" sur la Tunisie m’a fait penser à cette réflexion : “de l’Unité du Maghreb“ Le Maghreb ou son unité, a avorté de par deux fois dans son histoire. Aujourd’hui, il peine encore à grandir… Ses autochtones étaient un même peuple ; Berbère et fier de l’être. C’est sous Massinissa au II é S. avant Jésus Christ et sous la dynastie Sanhadja, au XI é S. de notre ère que les Berbères furent sur le point de réaliser l’unité de l’Afrique du nord . Ils en furent empêcher pour les uns par l’impérialisme de Rome et plus tard par l’invasion des arabes hilaliens. Treize siècles séparent ces deux tentatives. Aujourd’hui l’UMA semble encore endormi dans son berceau. C’est en 1927 au Caire qu’une commission fut fondée dans le cadre de la lutte contre l’occupation. En 1945 ce fut le tour d’une conférence des mouvements nationaux de l’Afrique du nord de faire parler d’elle. Ce n’est que bien plus tard en 1958 et à Tanger que se tint alors une réunion des chefs de mouvements nationaux de Tunisie, d’Algérie et du Maroc pour la création de cette union. Le 17 février 1989 naissait enfin à Marrakech l’UMA , comprenant : La Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Lybie. Ces cinq États membres comprennent donc quatre république et un royaume. L’appellation de l’Union du Maghreb Arabe fait en février 2012 polémique ; les berbères contestent cette appellation et lui préfèrent, et à mon sens avec raison, le “MAGHREBE”. Proposé par le Maroc, soutenu par la Mauritanie, elle est rejeté par l’Algérie, la Tunisie et la Lybie. La mouvance islamiste djihadistes, soutenues par les urnes ayant mis à la tête des états tunisien, marocain et libyen une politique islamiste, voit en filigrane le vœux d’un califat, cela est possible pour certain mais l’extrémisme ne mène à rien ; nous le voyons d’ailleurs à nos dépens. Nous sommes victimes des pays occidentaux faisant de nous le marché des trafiquants d’armes en échange de quoi ils “pillent“ nos ressources au sus et au vu du monde. Une autre forme de main mise aussi ! Il me semble que nous nous devons rassembler nos forces (plus de 80.000.000 d’habitants) qui de part notre complémentarité ferait face à l’Europe pour une collaboration politique et économique dont les maghrébins seraient les premiers bénéficiaires, le Processus de Barcelone de 1995 viendrait renforcer l’Euromed. Malheureusement ce n’est pas le cas. Cela est dû entre autre au problème du Sahara Occidental entre l’Algérie et le Maroc et si je puis dire complètement freiné par la révolution dite du jasmin, qui aujourd’hui fait dicter à l’Europe une priorité : celle d’accompagner nos pays sur le chemin de la démocratie. Comment alors allier le chômage, la faim, etc. et la démocratie : vaste débat !? Charles –André Julien écrivait déjà (in “Histoire de l’Afrique du Nord“, Payot 1951, p : 28) concernant les berbères et leur union : « une civilisation autonome, un art, une littérature une langue même, un peuple conscient de son existence, un État organisé, tout cela ce sont des luxes très coûteux à base de capitalisme. Le Maghreb laissé à lui-même n’a jamais pu se les offrir. Ce pays de sel n’a jamais eu l’armature d’argent qui est nécessaire pour supporter un grand édifice social et politique, base indispensable de toute civilisation. » Nous voilà au début du XXIe S., la malédiction suit elle son cours…? Avec ses richesses l’UMA a “l’armature nécessaire“, nous avons la même langue, la même religion, partageons la francophonie, nous sommes “conscient de notre existence“ et tout nous rassemble mais le Politique nous divise. Il est temps de penser à demain, au MAGHREB pour créer des ponts gagnant/gagnant de par delà la Mare Nostra dont la Tunisie est géographiquement le centre.

mardi 7 janvier 2014

De la tolérance

L’Islam met l’accent sur l’établissement de l’égalité et de la justice, ce qui est impossible sans un certain degré de tolérance. L’Islam reconnaît depuis toujours le principe de liberté de conviction ou de liberté religieuse. Il a stipulé très clairement qu’aucune coercition n’est permise en matière de foi et de conviction. Le Coran enseigne à cet effet : « Nulle contrainte en religion ! » Le soufi Ibn ARABI, le Cheikh el Akbar (XIIIè S.) dans ses Fûtûhat Makkîya (les illuminations de la Mecque) évoque ses souvenirs d'enfance: « Je vécus de la sorte jusqu'à ce que le Miséricordieux tourne vers moi Sa providence et m'envoie dans mon sommeil Muhammad, Jésus et Moise, sur eux la grâce et la paix! Jésus m'exhorta l'ascèse et aux dépouillement. Moïse me donna le "disque du soleil" et me prédit l'obtention de la science transcendantale (Al ilmu al-ladunnî) parmi les sciences du l' "Unicité" (tawhid). Muhammad, Lui, m'ordonna: cramponne toi à moi et tu sera sauf ». Ainsi le mot tolérance tout en évoluant se charge d'événements en fonction de l'histoire des peuples d'Europe et en particulier celui de la France où au XVIe siècle le mot tolérance n'existe pas encore dans la langue française. C'est au XVIIe siècle et au moment des lumières qu'apparaîtra ce mot par antithèse du mot intolérance. Tout cela ayant germé depuis la naissance du culte protestant. La question de la tolérance fait aujourd'hui l'objet d'une attention nouvelle marquée par de nombreux courant de pensée. La tolérance a en fait un chapelet de sens (tolérance scientifique, mathématique, médical et j'en passe). Chaque théorisation dépend de ses époques, de ses religions, des actes civils de la société. Le traité de Voltaire (1763) écrivain du XVIIIe siècle sur la tolérance où la relation de Dieu et le savoir se change en relation entre l'homme et Dieu car l'homme est à l'origine du savoir, s'attaque à l'inquisition en attaquant l’intolérance (Affaire Calas). Il en conclut que l'intolérance est absurde puisque que l'on utilise la force pour empêcher les hérésies. La tolérance naturelle serait d'accepter les différents dogmes comme le différents patois. Mais depuis le terme très galvaudé aurait-il perdu son sens? L'UNESCO en bonne "conscience du monde" s'il en est, en ce 16 novembre 1995 date de son cinquantenaire adopte une déclaration de principe sur la tolérance : « Ils y affirment notamment que la tolérance n'est ni complaisance ni indifférence. C'est le respect et l'appréciation de la richesse et de la diversité des cultures de notre monde, de nos modes d'expression et de nos manières d'exprimer notre qualité d'êtres humains. La tolérance est la reconnaissance des droits universels de la personne humaine et des libertés fondamentales d'autrui. Les peuples se caractérisent naturellement par leur diversité ; seule la tolérance peut assurer la survie de communautés mixtes dans chaque région du globe ». La tolérance devient la clé ultime du bien vivre ensemble aujourd'hui, quête universelle sur une vertu personnelle qui apparaît de plus en plus comme une nécessité politique et juridique pour la coexistence pacifique. Une vingtaine d’années après cette déclaration de principe les derniers événements : le massacre d'être humains au moyen orient et ailleurs, l’incendie de nos mausolées, la profanation des cimetières sans distinctions de culte montre que beaucoup de chemin reste à faire... A nous de prendre nos bâtons de pèlerin, de nous indigner et d’agir maintenant que notre Tunisie devient le réservoir du djihad en Afrique !